La Nouvelle-Aquitaine présente une spécificité sectorielle particulièrement forte dans l’agriculture, le médico-social, l’industrie du bois, l’aéronautique et les assurances

La population salariée en Nouvelle-Aquitaine s’élève à un peu plus de 2 millions de personnes. Avec près de 2,5% des emplois salariés dans l’agriculture (soit près de 51 000 salariés), la Nouvelle-Aquitaine est la région la plus agricole de France.

Si le poids de l’industrie, avec 265 000 salariés (soit 13,1% de l’emploi), est moins important que dans d’autres régions, des filières industrielles traditionnelles sont cependant biens représentées. Parmi elles, celles de l’agroalimentaire qui emploient près de 54 000 salariés, constituées essentiellement de PME implantées dans l’ensemble des départements. Autre secteur important en Nouvelle-Aquitaine, celui du bois et du papier qui occupe directement plus de 24 000 salariés, et bien plus si on tient compte de l’ensemble de la filière de l’amont à l’aval en passant par la fabrication de meubles, la construction Bois ou encore des secteurs émergents comme la Chimie verte. Un autre secteur industriel prépondérant, qui affiche la Nouvelle-Aquitaine au troisième rang des régions est celui de l’aéronautique et du spatial. La majorité des salariés de ce secteur est implantée en Gironde et dans les Pyrénées-Atlantiques. Dans certains de ces secteurs industriels le taux de fréquence d’accidents du travail est relativement élevé (exemple de certains métiers de la métallurgie et du bois).

Le secteur de la construction, dans lequel les accidents du travail sont les plus nombreux, compte plus de 119 600 emplois. Il représente 5,9% de l’emploi soit un peu plus qu’en France métropolitaine (5,6%). Les établissements de ce secteur sont en majorité de petite taille, de type artisanal.

La part prépondérante des services n’a cessé de progresser : elle représente plus des trois quart de l’emploi. Dans les secteurs de l’hébergement médico-social – action sociale (78 000 salariés) et du transport-entreposage (77 000 salariés), la sinistralité, en termes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, est relativement élevée par comparaison aux autres secteurs du tertiaire.

Une dynamique de l’emploi contrastée selon les territoires

La catégorie socio-professionnelle, comme le secteur d’activité, impacte fortement les risques d’accidents du travail. Compte tenu des métiers exercés, la catégorie des ouvriers est plus exposée au risque de sinistralité au travail. En Nouvelle-Aquitaine, près d’un quart des actifs ayant un emploi sont ouvriers, Cette proportion atteint 29% en Charente et dans les Deux-Sèvres. A l’opposé, elle est bien plus faible en Gironde ou dans les Pyrénées-Atlantiques (respectivement 21,0% et 21,9%).
Le niveau de diplôme des actifs occupés est très hétérogène selon les départements, en moyenne 47% des actifs en emploi ont un niveau de diplôme inférieur au bac.

Plus de 62 000 accidents du travail (AT) en Nouvelle-Aquitaine dont 28% en Gironde en 2012

Le niveau de sinistralité évolue assez peu entre 2010 et 2012, après une baisse en 2009 du fait du ralentissement de l’activité économique se traduisant logiquement par une baisse du nombre d’AT. On observe le lien entre la sinistralité et l’activité économique en suivant parallèlement aux accidents du travail le nombre d’heures travaillées estimé. Une baisse d’activité peut également avoir pour effet de diminuer le taux de fréquence des AT, c’est-à-dire le nombre moyen d’AT rapporté au nombre d’heures travaillées, compte tenu de la moindre intensité du travail. C’est ce qui est constaté au début de la crise économique avant les premiers ajustements de l’emploi.

Le taux de fréquence, c’est-à-dire le nombre d’accidents rapporté au volume d’heures travaillés (en million) diminue depuis plusieurs années, en Nouvelle-Aquitaine comme en France. Entre 2008 et 2012, il est passé en Nouvelle-Aquitaine de 26,2 à 24,4. La tendance est à la baisse dans tous les départements de la région.

Cependant, la proportion d’AT occasionnant une incapacité partielle permanente (IPP) attestée est de près de 6,3% du total, elle progresse de 1 point entre 2008 et 2012.

Plus de 7 accidents sur 10 concernent un homme

La fréquence des AT est plus élevée chez les hommes (taux de fréquence de 29 contre 18 pour les femmes). Ce constat reste vrai à âge égal, catégorie socio-professionnelle identique et secteur d’activité équivalent. Les jeunes sont plus fréquemment touchés par les AT. Les taux de fréquence sont deux fois plus élevés chez les très jeunes par comparaison à l’ensemble des salariés. La fréquence des accidents est très importante chez les plus jeunes (15-19 ans) souvent en apprentissage. Elle décroit en fonction de l’âge. A l’inverse, la gravité des AT augmente avec l’âge. C’est entre 50 et 60 ans que les accidents sont en moyenne les plus graves.

AT plus fréquents pour les intérimaires, et plus graves dans l’agriculture

La fréquence et la gravité sont fortement liées au domaine d’activité exercée. Ce sont dans les secteurs de la construction, des activités récréatives, de l’hébergement médico-social et action sociale, du transport, de l’industrie du bois, de l’agriculture et de la métallurgie que les taux de fréquence sont les plus élevés en Nouvelle-Aquitaine.

Les activités des intérimaires (regroupées dans la nomenclature «Activités des agences de travail temporaire») qui s’exercent dans les différents secteurs d’activité, notamment dans l’industrie et la construction, présentent le taux de fréquence le plus élevé. Près de 40% de l’emploi intérimaire se concentre dans les secteurs de l’industrie, 24% dans ceux de la construction. Cela est en partie lié à une ancienneté plus faible sur le poste, dont on sait l’impact sur l’augmentation du risque professionnel. Dans le secteur agricole, la gravité est la plus importante. C’est dans la culture de la vigne que les accidents sont les plus nombreux et dans l’élevage et la sylviculture qu’ils sont les plus graves.

Plus de de 6 600 accidents de trajets en Nouvelle-Aquitaine

Les accidents de trajet concernent en nombre autant d’hommes que de femmes, En termes de fréquence, le taux est légèrement supérieur chez les femmes en particulier pour les salariés plus âgés.
Les disparités sont beaucoup plus marquées selon les âges des salariés. Le taux de fréquence et le taux de gravité d’accidents du trajet sont largement plus élevés chez les jeunes. Globalement la fréquence des accidents de trajet et leur gravité diminuent avec l’âge. La gravité redevient cependant plus importante aux âges élevés, en particulier chez les femmes.

Près de 6 000 maladies professionnelles (MP) reconnues en Nouvelle-Aquitaine