2.7-16 Maladies Chroniques évolutives

Contexte de l’action
Le monde du travail doit composer avec une augmentation des salariés atteints de maladies chroniques évolutives (MCE). On estime qu’elles concernent aujourd’hui 15% de la population active. Cette “confrontation” aux MCE soulève de nouveaux enjeux pour les entreprises. Les effets générés par la chronicité et l’évolutivité des affections peuvent en effet perturber les processus et les collectifs de travail. Prise de traitements, fatigue, déconcentration, absentéisme sur de brèves mais fréquentes périodes : autant de variabilités individuelles que les organisations du travail ont du mal à gérer. Quant aux managers, ils ne sont généralement pas outillés pour faire face à ces contraintes : gestion des arrêts de travail, répartition du travail dans les collectifs avec équité.
Face aux MCE, la réponse des entreprises reste aujourd’hui très individuelle, circonscrite au prisme médical et souvent fonctionnant grâce à la solidarité du collectif de travail. Or, cette approche individuelle trouve vite ses limites. L’évolution de la maladie dans certains cas mène malheureusement à des restrictions importantes incompatibles avec le travail et aboutissent parfois à des licenciements pour inaptitude.
Pour les organisations du travail comme pour les malades, la prise en compte des MCE appelle donc une démarche collective de maintien dans l’emploi, conduite comme véritable projet d’entreprise et portée par les directions. Un changement de paradigme opéré et défendu par l’ARACT Nouvelle Aquitaine, très active depuis plusieurs années sur les enjeux des MCE en termes de maintien en emploi est à soutenir.
Aborder les MCE par le prisme du maintien dans l’emploi offre des opportunités intéressantes en termes de réflexion collective sur les organisations du travail, et les situations de travail.
Cette vision globale implique la coopération de l’ensemble des acteurs engagés dans les différentes sphères : médical, travail, politique. Or, ces acteurs sont extrêmement nombreux et relèvent de systèmes propres, assez cloisonnés (par pathologies, publics, dispositifs…).
Lier les enjeux des MCE aux ressorts d’une stratégie de maintien en emploi, c’est déployer un important programme de sensibilisation et d’information, auprès des directions d’entreprises, des partenaires sociaux, du management, des médecins de ville et les divers acteurs de la santé au travail, des associations de malades, des pouvoirs publics.
Depuis 10 ans, l’ARACT mène un projet visant à réduire, voire prévenir la désinsertion professionnelle en favorisant le maintien dans l’emploi pour les personnes atteintes de maladies chroniques évolutives dans le cadre d’un projet «  MCE & Travail ». A cette occasion, elle a développé des démarches projet en entreprise et des méthodologies spécifiques centrées sur le travail qui cherchent à identifier les impacts de diverses pathologies (VIH, sclérose en plaques, cancer, diabète,.. ) sur le travail. Cette méthodologie d’intervention est aujourd’hui stabilisée.
Aujourd’hui, un travail de formation et d’information doit être construit afin de diffuser plus largement ces méthodologies auprès d’acteurs relais.

Objectifs de l’action
Poursuivre la construction de démarches « conduite de projet » auprès des entreprises publiques et privées afin de favoriser le maintien dans l’emploi des personnes atteintes de maladies chroniques ;
Aider à structurer ces démarches et ces méthodologies de maintien dans l’emploi autour des questions du travail réel et de son organisation ;
Monter des actions collectives par territoires ou branches professionnelles (cluster, bassin d’emploi) afin de travailler, au-delà des PME, avec des artisans, indépendants, TPE ;
Mobiliser et outiller les acteurs des sphères privé et professionnelle (médecins du travail, IT, consultants, Sameth, partenaires sociaux…).