1.10-10 Prévention effective des risques chimiques : silice cristalline

Contexte de l’action 
En Nouvelle-Aquitaine, il existe une grande variété de secteurs d’activité (carrières produisant des granulats siliceux, fonderies, prothésistes dentaires, producteurs de céramiques, d’éléments en béton, filtration sur terres de diatomées …) dont les salariés peuvent être exposés à des poussières contenant de la silice cristalline alvéolaire : cancérogène groupe 1 d’après le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).
Au niveau national, en comparant le nombre de cas incidents attribuables au nombre de cas ayant fait l’objet d’une indemnisation au titre des tableaux de MP, Santé Publique France (ex -INVS1) relève un contexte de sous déclaration. En effet, à peine 1 % à 5,5 % des cas de cancers broncho-pulmonaires relevant du régime général de sécurité sociale attribuables à une exposition professionnelle à la silice sont reconnus en maladie professionnelle (tableau 30 bis).
Au niveau régional, le secteur de la construction est concerné en premier lieu au regard du nombre de salariés exposés. Des procédés constructifs fréquents (travaux sur surfaces bétonnées en particulier…) peuvent générer des émissions importantes de poussières contenant de la silice cristalline alvéolaire.
La prise en compte et la maîtrise du risque d’exposition aux poussières contenant de la silice cristalline par les entreprises sont variables selon les secteurs et apparaissent particulièrement insuffisantes dans le secteur de la construction. Ce constat s’inscrit dans un contexte durable de forte activité de construction dans l’agglomération bordelaise (logements, bureaux et infrastructures) avec une volonté politique nette d’augmenter massivement la population de 700 000 à 1 million d’habitants d’ici 2030.
Au final, la promotion de moyens de prévention efficaces permettrait d’améliorer cette situation dans différents secteurs d’activité.
L’exposition aux poussières contenant de la silice cristalline est souvent concomitante à l’exposition à d’autres agents chimiques et à d’autres catégories de risques (TMS, risque de chutes, vibrations, bruit) renforçant l’impact d’une action de prévention sur ce sujet.

Objectifs de l’action
Améliorer la prise en compte et la maîtrise du risque d’exposition aux poussières de silice cristalline par les entreprises.
1. Amener les entreprises à une prise de conscience du risque poussière «  silice cristalline »
2. Améliorer la prise en compte de ce risque dans le document unique (intégration dans l’analyse des risques et dans le plan d’action)
3. Promouvoir des mesures de prévention allant au-delà d’une protection individuelle sommaire (substitution, évolution de procédés, mesures collectives techniques et organisationnelles, EPI adapté le cas échéant)
4. Faire monter en compétence les personnels en charge de la santé sécurité sur ce thème
Cette action pourrait s’inscrire dans le renforcement de l’effectivité et de l’efficacité des dispositions en assainissement des lieux de travail.